23 oct. 2018

"Les yeux" de Slimane-Baptiste BERHOUN

Mon retour - Présentation et extrait -
Lecture de octobre 2018

Thriller où psychologie, horreur et fantastique font un très bon mélange savoureux à souhait. J'ai suivie Lucie, "jeune étudiante parisienne, disciple du professeur Lacan", au sein de l'asile de l'Orme. Je tiens à signaler que ce livre n'est pas pour les âmes sensibles. Certaines scènes sont, heu, comment dire, assez dures… non c'est trop léger, enfin très sanglantes… encore trop léger, enfin imaginez ce qu'il peut se passer lorsque l'on fait des recherches précises sur une pathologie neuro psychiatrique, non, vous ne voyez pas ! Alors ne regardez pas, jamais dans les yeux, l'ombre à côté de vous pourtant vous y incitera. 

- "La table d'opération semblait attendre son hôte comme un bourreau silencieux et vorace, au centre de la pièce. Son cuir sombre et tanné, flanqué de griffures et de déchirures, témoignait d'un long passé de contention et de souffrance. Une multitude de sangles pendaient de part et d'autre - autant de langues gourmandes et affamées, prêtes à retenir prisonniers les malheureux qui s'y aventuraient." 

Et qui croire dans ces dialogues entre "patients" ou ceux entre les infirmiers, gardiens, le chirurgien et le directeur de cet établissement. Je m'y suis perdue aussi à longer ces couloirs dans l'ombre. Mais, que j'ai adoré le style, les évènements qui s'enchaînent, les courses poursuites, tout est bien dosé. Une pointe de terreur par ici, une réflexion psychologique par là, du fantastique en petite quantité, et une fin digne d'un film d'horreur. Digne d'un coup de cœur.






Présentation :

Tout en haut du Plateau, le vent pouvait rendre fou.
On avait choisi d’y construire un asile. L’Orme : une grande bâtisse lugubre, battue par les vents et la neige. Même les bombardements de 44 n'avaient pu en venir à bout. À croire qu’il échappait à toute influence humaine.
Et des morts étranges, violentes, il y en avait toujours eu et il y en aurait encore, là-haut. D’ordinaire, personne ne venait s’en mêler. Ni la gendarmerie du Village, ni les réducteurs de tête de Paris.
Si on avait écouté les fous enfermés derrière les murs de l’Orme, on y aurait peut-être vu l’oeuvre d’un monstre. Mais les fous, ça ne s’écoute pas, ça se traite. Ce que le psycho-chirurgien à la tête des affaires médicales de l’établissement sait faire d’une main de fer. À l’abri des regards. À condition de parvenir à se débarrasser définitivement de cette trop curieuse disciple de Lacan venue fouiner dans les dossiers de ses malades.



20 oct. 2018

19 oct. 2018

"Le rire du monde" de Lou VERNET

Mon ressenti - Présentation -
Lecture de octobre 2018


C'est avec un sourire jusqu'aux oreilles que je termine ces fragments de vie, et c'est à l'auteure que je m'adresse pour ce retour. Lou, je me suis imprégnée de tes mots, de tes émotions jusqu'à en avoir des papillons dans le ventre et la larme à l'œil. Mais quel beau texte tu nous offres là. Mes voyages se font à travers de belles lectures comme celle-ci, c'est ma réponse à ta question de fin. Le fragment 17 m'a complètement chamboulée… et tes sauts de puces sont remplis de couleur. Que dire de plus, je n'ai pas de mots assez forts pour te dire mon admiration et les émotions ressenties en te lisant. Surtout reste tel que tu es, continue de voyager, continue d'écrire, de vivre et d'exister… Tu es une belle personne qui partage son bonheur et ça fait du bien, beaucoup de bien.





Présentation :


Lou Vernet c’est une une histoire de départ, de quête …qu’elle raconte : « Je veux partir. Loin. Ailleurs. Partir comme on voyage. La folie devant, les doutes derrière. La première fois que j'ai voyagé, c'était à dos de livres. Les mots m'avaient ouvert la voie, j'ai suivi les lignes. Et j'ai aimé. La respiration des virgules, le repos des points, l'essentielle interrogation, la folle exclamation. J'ai aimé à outrance, dans l'absolu, la passion, la servitude.

J'ai aimé à vouloir écrire aussi. Alors les mots sont devenus mes amis et les verbes ont fini par se conjuguer. Au passé d'abord, dans l'espoir d'un futur ensuite, dans le plaisir du présent enfin.

Maintenant il me suffit de les écrire pour jouir. Jouir de les voir prendre vie. Grâce à moi, puis malgré moi, presque en dehors de moi, presque plus fort que moi.

Ils sont un voyage, de l'intérieur vers l'extérieur, de moi à vous, de moi pour vous. Ils sont mes ailleurs, ce qui n'est pas si loin. »




18 oct. 2018

"Les suppliciées du Rhône" de Coline Gatel

Mon ressenti - Présentation - Vidéo de l'auteure -
Lecture de octobre 2018


Ce livre m'a interpellée car il se passe à Lyon. On se retrouve entre décembre 1897 et janvier 1898. Les prémices de la médecine légale voient le jour de façon très atypique, mais il a bien fallu un commencement à cette pratique. 
- "Cessez donc vos enfantillages, Clarisse! Nous sommes ici dans un hôpital et vous avez été jusqu'ici une bonne aide, alors ne gâchez pas tout en vous donnant en spectacle aussi inutilement. Cette patiente va mourir, tout comme le petit qu'elle porte vient de le faire! C'est ainsi ! Nous ne pouvons pas faire de miracles. "
Dans ce récit l'auteure se penche sur les avortements, autant vous dire qu'à cette époque beaucoup de femmes en mourraient. Et certaines de façon assez déplorable puisqu'elles sont retrouvées dans les vieilles ruelles glauques de la ville, d'où nos trois jeunes complices vont mener une enquête d'après les corps retrouvés. On se trouve bien dans un roman noir historique avec des crimes assez glauques. 
- "L'immonde chair de ta chair… C'en était trop. Cette ultime torture sonna le glas des dernières volontés de la suppliciée. Elle ferma les yeux et se laissa sombrer dans les entrailles sans fond de l'inconscience bienfaisante." 
Cette enquête sera menée sous les ordres et conseils du Professeur Alexandre Lacassagne, qui lui, a bien existé : 

"Professeur Alexandre Lacassagne - Source Wikipédia -
Alexandre Lacassagne, né à Cahors le 17 août 1843 et mort à Lyon le 24 septembre 1924, est un médecin français (médecin légiste et médecin expert auprès des tribunaux). Professeur à la Faculté de médecine de Lyon, il contribua à préciser la déontologie médicale et est l'un des fondateurs de l'anthropologie criminelle, dans la lignée de l'école italienne de criminologie (en) de Cesare Lombroso, dont il tentera plus tard de se distinguer.
En hommage à son apport, le conseil municipal de Lyon, en 1925, rebaptise en son honneur le « Chemin des Pins » Avenue Lacassagne, dans le 3e arrondissement. La 28e promotion de commissaires de police issue de l'École nationale supérieure de la police, entrée en fonction en 1978, porte également son nom. La promotion 1999 de l'École du service de santé des armées de Lyon-Bron porte son nom. La promotion 2017 de la Faculté de médecine Lyon-Est de l'Université Claude BernardLyon 1 porte son nom."

C'est donc avec une écriture adaptée, des lieux connus, des termes du terroir que je me retrouve dans cette lecture des plus intéressantes. 
- "Tu trouveras de quoi manger dans le placard. Il y a un peu de "barbotton" dans la casserole en fonte." 
- "Un bouchon, je crois… oui, elle faisait à manger. Une de ces mères où on mange de bonnes quenelles." 
L'atmosphère est sombre, dans cette ville, comme d'autre, bien des miséreux y vivent aussi. 
- "Bernard regarda la table maintenant jonchée de miettes. - Si vous n'aimiez pas, ce n'était pas une raison pour tout gaspiller, grommela le serveur alors que Félicien payait la note. Y faut penser aux pauvres gens pour qui le pain est tout leur quotidien." 

J'ai relevé bien d'autres extraits tout aussi intéressants et instructifs qui se déroulaient dans ces années là. 

Ce livre est nommé dans le genre "polar historique" je l'aurais bien rangé dans "thriller historique", il y a quand même pas mal de scènes assez dures, donc je dirais âmes sensibles s'abstenir, mais pour les amateurs du genre comme moi vous ne serez pas déçus. J'ai beaucoup aimé et suis très heureuse d'avoir pu lire ce récit, merci donc à #NetGalleyFrance et aux éditions #Préludes.






Présentation :


Lyon, 1897. Alors que des corps exsangues de jeunes filles sont retrouvés dans la ville, pour la première fois des scientifiques partent à la recherche du coupable, mettant en pratique sur le terrain toutes les avancées acquises en cette fin de XIXe siècle. Autopsies des victimes, profils psychologiques des criminels, voilà ce que le professeur Alexandre Lacassagne veut imposer dans l’enquête avec son équipe, mais sait-il vraiment ce qu’il fait en nommant à sa tête Félicien Perrier, un de ses étudiants aussi brillant qu’intrigant ? Entouré d’Irina, une journaliste pseudo-polonaise, et de Bernard, un carabin cent pour cent janséniste, Félicien
va dénouer, un à un, les fils enchevêtrés de cette affaire au coeur d’un Lyon de notables, d’opiomanes et de faiseuses d’anges. Jusqu’à ce que le criminel se dévoile, surprenant et inattendu, conduisant le jeune médecin au-delà
de ses limites.

Vidéo de Coline Gatel :








17 oct. 2018

"Les jumeaux de Piolenc" de Sandrine DESTOMBES

Mon retour - Présentation -
Lecture de octobre 2018


Thriller tortueux à souhait, les jumeaux de Piolenc vont vous retourner le cerveau. Suite à la disparition de deux enfants il y a trente ans, d'autres enfants vont succomber. Les méthodes d'enquête ont évolué, et les concordances de ces affaires vont réveiller de vieux souvenirs. Une histoire où la psychose s'installe petit à petit, on se fait balader par l'auteure jusqu'au dénouement. L'écriture est sûre et maîtrisée pour ce thriller de haut vol. La psychologie des personnages est terrible et très intéressante. Je ne peux que le conseiller à tous ceux qui ne l'ont pas encore lu.






Présentation :

Août 1989. Solène et Raphaël, des jumeaux de onze ans originaires du village de Piolenc, dans le Vaucluse, disparaissent lors de la fête de l'ail. Trois mois plus tard, seul l'un d'eux est retrouvé. Mort. 

Juin 2018. De nouveaux enfants sont portés disparus à Piolenc. L'histoire recommence, comme en macabre écho aux événements survenus presque trente ans plus tôt, et la psychose s'installe. Le seul espoir de les retrouver vivants, c'est de comprendre enfi n ce qui est arrivé à Solène et Raphaël. Au risque de réveiller de terribles souvenirs.



16 oct. 2018

"Snjor" de Ragnar JONASSON

Mon retour - Présentation -
Lecture de octobre 2018

Bon bah déçue, et oui il en faut aussi de temps en temps, mais je suis quand même allée jusqu'au bout de ce livre. On sait que l'on se trouve au Nord de l'Islande, dans le froid, le brouillard, le blizzard, la neige, les montagnes… c'est répétitif tout au long du récit, un peu lourd même, est-ce pour rappeler l'atmosphère pesante, peut-être. Un presque crime ou suicide au bout de la 200ème page… Un 8 clos auquel je n'ai pas adhéré par manque d'activité. L'auteur a traduit plusieurs romans d'Agatha Christie et c'est d'ailleurs le style ici. Voila, j'ai commencé "Les jumeaux de Piolenc" et là je savoure.





Présentation :

Siglufjördur, ville perdue au nord de l'Islande, où il neige sans discontinuer et où il ne se passe jamais rien. Ari Thór, qui vient de terminer l'école de police à Reykjavik, y est envoyé pour sa première affectation. Mais voilà qu'un vieil écrivain fait une chute mortelle dans un théâtre et que le corps d'une femme est retrouvé, à moitié nu, dans la neige. Pour résoudre l'enquête, Ari Thor devra démêler les mensonges et les secrets de cette petite communauté à l'apparence si tranquille.


15 oct. 2018

"VICES - Episode 2 : Zabulu" de Gipsy PALADINI

Mon ressenti - Présentation et Extraits - La série - Les liens -
Lecture de Octobre 2018

💗"COUP DE CŒUR" 💗
Dans ce second épisode de Vices, on découvre un peu plus les personnages dans leur vie en dehors des enquêtes. Zolan, Marie, Marcus, Sophie… Tous ont des secrets enfouis dans leurs âmes. La plume de Gipsy est ici acérée, franche et directe, pas question de s'apitoyer. Un thriller digne de ce nom. 
- "… La vidéo recadre, tremblante, sur la vieille dame. Son visage ondulant au milieu des flammes : paupières brûlées, joues cloquées, mâchoire béante. Le plan se fige sur ce masque" 
Les dialogues sont excellents, on retrouve les mots des cités, on a réellement l'impression de s'y trouver, de les entendre, l'auteure n'a pas dénaturé les dialectes. Le langage de chacun dévoile les racines cachées profondément ancrées et les coutumes persistent, on ne peut pas tout dissimuler. 
- "… A 6 ans, sa mère l'a emmené consulter un prêtre. D'après lui, l'enfant était habité par un esprit mauvais qui l'empêchait de s'exprimer, il faillait l'exorciser. Il lui ont d'abord versé…" je vous laisse imaginer la suite. 
Les scènes vont se dérouler au milieu des Bleuets, joli nom pourtant, là où les malheurs des exclus se transforment en cauchemar, là où les caves servent de planques ou de salles de tortures, là où personne ne souhaite vivre, et pourtant… Les crimes vont se perpétuer ici entre cette cité et celle abandonnée des 608. (Les cités nommés "Les bleuets" existent à Créteil, Marseille…).

Dans cette fiction que de réalités : 
-"…Vous mettez tout le monde dans le même panier. Prenez les immeubles de réfugiés. Généralement, on met les Yougoslaves avec les Yougoslaves, les Maghrébins avec les Maghrébins. Mais les Noirs, vous les foutez tous ensemble, sans tenir compte de leur pays, leur religion, leurs conflits… Congolais, Malien, Nigériens… comme si on était tous pareils… Vous fichez même des Antillais parmi nous! Ce que vous finissez par créer, c'est une poudrière… Il suffit d'une étincelle pour tout faire péter." 

LA BJV : brigade spécialisée pour les Jeunes Victimes, Marie a toujours du mal à se faire accepter, les brimades de certains de ces collègues vont bon train. Zolan fait de son mieux pour la protéger bien malgré elle, l'amour naissant dans le premier épisode suit son cours mais non sans mal, car on peut compter sur Sophie pour bousculer Marie. 
-"Pourquoi Marie fuit-elle la petite fille ingénue et l'époque bienheureuse qui l'a vue s'épanouir? 
Parce qu'elle habite dans le passé… et que dans le passé se trouve autre chose, une ombre qu'elle refuse d'affronter." 
Dans cette enquête il va falloir qu'ils ouvrent tous leurs yeux et regardent au bon endroit, écouter ce que veulent bien dire les mots récoltés, non sans peine, de certains voisins, savoir décrypter entre les lignes… Faire taire les fantômes que chacun voit resurgir à certains moments. Mais est-ce si simple? 
- "… Et vous, c'est quoi, votre histoire? 
Mivek braque le regard sur elle. 
Ne posez pas des questions dont vous ne supporteriez pas les réponse." 
Vices va se décliner en 8 enquêtes : 3 sont déjà en vente sur Amazon à des prix très abordables et bientôt une belle version papier va arriver. Après avoir rencontré l'auteure cet été je peux vous garantir que c'est une très belle âme, chaleureuse, avenante, et très jolie personne. Gipsy notre rencontre m'a énormément touchée. J'espère de tout mon cœur que cette série aura la place qu'elle mérite. A tous, amateurs de romans noirs, thrillers, je ne peux que vous conseiller de foncer… Bon, je voulais faire court, c'est raté!



Présentation :

Les 608. Une cité abandonnée, dernier refuge des laissés-pour-compte. Un jeune délinquant disparaît dans des conditions mystérieuses et une vieille dame y est brûlée vive. Bien que les deux affaires ne semblent pas liées, les mêmes ombres cernent les personnes impliquées.
Grâce à la dernière enquête qu’elle a brillamment résolue, l’avenir de Marie à la BJV semble bien engagé. Sa confiance est renforcée par les sentiments toujours plus forts qui l’unissent à Zolan. Seule ombre au tableau : Sophie, sa rancunière collègue, qui ne se conforme pas à cette idylle. Si les destins tragiques des réfugiés la déstabilisent, ce sont les animosités qui bourgeonnent dans la brigade qui l’inquiètent. Zolan est lui aussi tiraillé par les fantômes issus de son adolescence tumultueuse. Chacun à leur manière, ils s’escriment à les contrer. 
Mais le destin ne frappe pas toujours là où on l’attend... 

VICES est une série littéraire de 8 « épisodes » dont les deux premiers ont été réunis en un ouvrage édité aux éditions Fleuve Noir. On y suit les destins mêlés des membres de la brigade des jeunes victimes confrontés aux maux de notre société moderne.


La série :


Les liens :

1 - Trois petits singes

2 - Zabulu

3 - Butterfly