4 juin 2018

"Recyclés" de CETRO - Cédric VETO

Mon retour - Présentation
Lecture du mai 2018



Ce thriller appartient à un fait de société qui de nos jours évolue de façon misérable et honteuse pour un pays soit disant civilisé comme le nôtre. Mais c'est un fait que l'on retrouve partout ailleurs aussi. "Être ou Avoir" seront pour moi les mots clés de ce récit. "L'essentiel et l'ingérable". A l'inverse la communauté que Joshua a su regrouper est un exemple de fraternité, solidarité. Ouvrir les yeux, ouvrez les yeux sur ce qu'il se passe en ce moment autour de nous, tout part en vrille. Qui demain est sûr d'avoir toujours un toit, à manger, de l'eau ?! Je dis bien "demain" parce que ça va très vite, le destin de chacun peut changer en quelques secondes et plus souvent dans le mauvais sens que le bon. Pour ceux qui suivent Cetro vous aurez une belle surprise en retrouvant un de ces personnages de billet. L'histoire est prenante, les personnages sont très attachants (enfin pas tous). Pour accompagner mon retour je vous pose une image et je pense que beaucoup en ont déjà vue de telle. La réalité de ce livre n'est vraiment pas loin, elle est à notre porte, il suffit de bien regarder. L'écriture, et bien, c'est du Cetro, cru, vrai et chatoyant, poétique et sensible, les dialogues comme on pourrait les entendre dans la rue, toujours dans le réel. Merci Cédric de nous faire partager ces moments forts avec tes mots qui nous prennent aux tripes. 


Juste un extrait : "Sommes-nous anormaux, sommes-nous si différents? Est-ce un signe de bonne santé mentale que d'être adaptés à un monde détraqué?"






Présentation :


Oubliés. Rejetés. Jetés. Des gens sans importance, tombés un jour à la rue et dans la déchéance, animaux gênants et nuisibles aux yeux de la société. Simples denrées périssables ou consommables jetables, auxquels on accorde la même place qu'aux ordures, ils suivent la même voie que les déchets produits en quantités astronomiques par l'organisme insatiable qu'est la mégalopole. Gaspillage insensé, destruction de ce monde, tout se périme et se jette, tout lasse et s'abandonne pour finir entassé dans ce bourrier immonde, dans la décharge-monde. À perte de vue s'étend un océan de déchets, alimenté en permanence par d'interminables caravanes de tombereaux aux ventres lourds et pleins, intarissables confluents et dégueulasses effluents qui se déversent ici en une ininterrompue affluence. Les camions viennent vomir sur ce dépôtoir, y dégueuler en abondance le fruit mal digéré de la consommation de masse. Nouvel asile pour les plus démunis, nouvelle terre promise où tout est à nouveau possible sans le regard accusateur de ceux qui ont et qui possèdent, ils veulent à nouveau être, pousser dans ce terreau fertile sur lequel la vie va reprendre racine et les abandonnés se reconstruire. Se réorganiser, retrouver fierté et vie sociale, ils recyclent à leur avantage ces excédents de production et font du gaspillage une bénédiction. Tout se récupère et se revalorise, tout se mange ou s'utilise. Et si aux yeux de certains les miséreux eux-mêmes avaient soudain une valeur marchande ? Tourisme de la misère, impunité totale... le recyclage est en marche.

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